Sans alcool, sans pression : briser les codes, retrouver la liberté
Sans alcool, sans pression : briser les codes, retrouver la liberté

Sans alcool, sans pression : briser les codes, retrouver la liberté

L’alcool fait partie de notre quotidien, de nos traditions et de nos moments de convivialité. Pourtant, ses conséquences sur la santé et la sécurité sont bien réelles. Le dernier baromètre publié par l’Institut Vias pour l’année 2025 le rappelle clairement : les accidents de la route impliquant des conducteurs sous l’influence de l’alcool sont en augmentation. Derrière ces chiffres, il y a des drames humains, des vies bouleversées et des situations que nous ne pouvons pas banaliser.

Mais au-delà de la sécurité routière, c’est toute la question de notre rapport à l’alcool qui doit être posée. Car aujourd’hui encore, ne pas boire reste souvent perçu comme une anomalie. Dans de nombreuses situations, la pression sociale est bien présente : un verre devient deux, puis trois, parfois simplement parce qu’il est difficile de dire non. Qui n’a jamais ressenti ce malaise en étant la seule personne à ne pas consommer d’alcool lors d’une soirée ? Cette réalité, bien que souvent minimisée, influence profondément les comportements et peut encourager des consommations excessives.

Les données de santé publique viennent renforcer cette inquiétude. Selon les chiffres les plus récents de Sciensano, plus de trois pour cent des décès en Belgique sont liés à la consommation d’alcool. Cela représente plus de dix décès par jour. Une étude nationale récente montre également, pour la première fois, que la consommation d’alcool, même à faibles niveaux, est directement associée à une augmentation de la mortalité.

Face à cela, la réponse ne peut pas être uniquement l’interdiction. Les interdits, on le sait, sont souvent contournés. L’enjeu est ailleurs, il s’agit de faire évoluer les mentalités en profondeur. Et pour cela, nous devons proposer des alternatives crédibles, attractives et valorisées. Les boissons sans alcool comme les mocktails, les bières sans alcool ou encore les vins désalcoolisés, connaissent aujourd’hui un véritable essor. Elles ne sont plus des solutions de remplacement par défaut, mais de véritables choix, qui peuvent s’inscrire pleinement dans une culture de la convivialité.

C’est dans cet esprit que j’ai souhaité interpeller les autorités provinciales lors du Conseil provincial du 26 mars 2026. L’objectif était clair, comprendre quelles actions sont déjà mises en place, mais aussi identifier les leviers pour aller plus loin. Plusieurs éléments positifs ont été mis en évidence dans la réponse du Député provincial Luc Lejeune. Des campagnes de sensibilisation sont organisées sur le terrain, notamment lors d’événements festifs. Les organisateurs sont accompagnés via des chartes de réduction des risques et des outils concrets pour encourager une consommation plus responsable. Des actions sont également menées dans les écoles afin de sensibiliser les jeunes et les alternatives sans alcool commencent à être davantage mises en avant.

Ces initiatives sont importantes et doivent être saluées. Mais elles ne suffisent pas encore à transformer durablement les comportements. Nous devons franchir une étape supplémentaire et faire du sans alcool un choix pleinement assumé, normalisé et respecté. Cela implique de garantir une présence systématique d’alternatives de qualité lors des événements, de veiller à ce qu’elles soient accessibles financièrement et de changer le regard porté sur celles et ceux qui choisissent de ne pas consommer d’alcool.

Promouvoir le sans alcool, ce n’est pas s’opposer à la fête. C’est au contraire permettre à chacun de vivre ces moments de manière libre, sans pression et sans risque inutile. C’est créer des environnements plus inclusifs, où chacun peut trouver sa place. C’est aussi contribuer à prévenir des situations d’addiction et à protéger la santé de tous.

Faire évoluer les mentalités prendra du temps. C’est un travail de fond, qui dépasse les campagnes ponctuelles et nécessite un engagement politique constant. C’est un combat que je souhaite porter, au niveau communal comme provincial, parce qu’il touche à des enjeux essentiels comme la santé publique, la sécurité et aussi le respect des choix individuels.

Demain, choisir de ne pas boire ne devrait plus être une exception. Cela devrait être une évidence, un choix parmi d’autres, pleinement accepté. Et c’est ensemble que nous pouvons faire évoluer cette norme.

Retrouvez ci-dessous les actions de la province et mon intervention lors du conseil provincial du 26 mars 2026. En ce qui concerne le conseil communal d’Aywaille, la réaction n’a pas été très engagée, il y a encore du pain sur la planche pour faire évoluer les mentalités.

Ce que la province fait

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *